Nouhad Haddad dit Fairouz (Chronique du Dr. mansour)
La voix du Liban
Dans cette Chronique du Dr Mansour, consacrée à Nouhad Haddad, dite Fairouz, le Dr Mansour retrace le parcours exceptionnel de l’une des plus grandes voix du monde arabe et une figure majeure de la culture libanaise.
Née le 21 novembre 1935 à Jabal el Arz, au Liban, sous le nom de Nouhad Haddad, la future Fairouz se distingue très tôt par ses qualités vocales. Élève à l’école Saint-Joseph, elle chante dans la chorale avant d’être engagée comme choriste à la Radio nationale libanaise.
La chronique revient notamment sur sa rencontre artistique avec les frères Rahbani, qui vont profondément transformer la musique et la chanson libanaises. En 1961, ils créent notamment Al Ballbakieh, une comédie musicale en quatre actes dans laquelle Fairouz s’impose progressivement comme une interprète majeure.
Son répertoire dépasse rapidement les frontières de la chanson traditionnelle. Fairouz chante aussi bien des mélodies andalouses que des œuvres puisant dans la musique classique occidentale, comme la célèbre Ode à Baalbeck. Cette capacité à faire dialoguer les traditions musicales contribue à faire d’elle une artiste emblématique du Liban et du monde arabe.

Le Dr Mansour évoque également une nouvelle période de son parcours avec l’arrivée de son fils Ziad Rahbani. Avec l’album Wahdoun (Seuls), Fairouz explore des sonorités et des arrangements plus modernes, notamment teintés de jazz. Des titres comme Wahdoun ou Al Bosta témoignent de cette évolution artistique.
Cette rupture avec l’univers romantique et poétique traditionnel des frères Rahbani provoque d’ailleurs la surprise d’un public habitué à un autre registre. Les textes plus directs, l’humour noir et l’univers de Ziad Rahbani ouvrent alors une nouvelle page dans la carrière de Fairouz.
La chronique évoque enfin son immense reconnaissance internationale. Après son concert événement au Palais omnisports de Paris-Bercy en 1988, Fairouz est nommée commandeur des Arts et des Lettres, consacrant ainsi son rayonnement bien au-delà du monde arabe.
À travers le portrait de Fairouz, le Dr Mansour raconte donc bien davantage que la carrière d’une chanteuse. Il évoque une voix devenue symbole du Liban, une artiste capable de traverser les générations, les frontières et les bouleversements politiques tout en conservant une identité profondément ancrée dans la culture arabe.
Une Chronique du Dr Mansour consacrée à une voix devenue mémoire : celle de Fairouz, la voix du Liban.