Sous la véranda, une huitre et un silex de prière s’enlacent sous une souche morte.
Et de l’autre coté, une porte entrefermée protège les rires des monstres
Un vieux gardien apostrophe une fleur sauvage dont personne connait ni le nom, ni la racine.
Et tout ce petit monde s’endort attendant le réveil de la lumière, la fin de l’effroyable, sous une tente embouée.
L’un est vu comme un problème car il a fuit l’Iran avec ses enfants. L’un est parfois 100, 1000, 2000
L’autre se sert une dernière larme viticole dans son verre écarlate. Il regarde l’un sous sa tente détrempée
Il essaie de comprendre. Il ne comprend rien. « Pourquoi aiderai-je ces gens dit -il soudain à son épouse , ce n’est même pas déductible d’impôt ? »
Le bobo demi-sel emboite le pas de ses privilèges…Une bombe éclate, puis deux et trois
Elle prépare le Brunch. Ils attendent des invités. Ils auront l’air abruti
Abruti par la guerre subit par les populations civiles
Abruti par le vin des ils caraïbes
Abruti par les discours des experts prétentieux
Abrutis tout court par leur cynisme délicat
Et puis, ce soir, ils iront voir Gogol 1er ou la sonate de Mozart
Et puis demain, ils iront au marché pour se plaindre
se plaindre de leur maire, de la guerre et de la vie
Et puis ce sera le moment de distribuer des tracts, histoire de se donner bonne conscience
Et puis, ce sera le temps de prendre le ton inquisiteur, en jouant les procureurs
Et on regardera les montres. Et on ira acheter les poulets voire les canards
On rentrera après avoir refait le monde. On rallumera la télé. Et tout recommencera !
C’est ainsi que l’on devient écrevisse. C’est ainsi qu’on pense sauver le monde !